Rançongiciel : une petite entreprise peut-elle s'en protéger ?
Un rançongiciel en TPE peut rendre inaccessibles les fichiers nécessaires au travail. Pour un artisan, la priorité est de préparer la continuité de l'activité : savoir ce qui doit être protégé, disposer de sauvegardes utilisables et connaître les premiers gestes si un incident apparaît.
Un rançongiciel en TPE peut rendre inaccessibles les fichiers nécessaires au travail. Pour un artisan, la priorité est de préparer la continuité de l'activité : savoir ce qui doit être protégé, disposer de sauvegardes utilisables et connaître les premiers gestes si un incident apparaît.
Bruno travaille dans son atelier. Dans cette situation fictive, il ouvre une pièce jointe présentée comme une facture. Plus tard, ses documents ne s'ouvrent plus et une demande de rançon apparaît. Ses devis, ses factures et ses dossiers clients sont sur le même ordinateur. Il cherche aussitôt son disque de sauvegarde. Mais quand a-t-il été utilisé pour la dernière fois ? Et contient-il réellement ce dont il a besoin ? Ce sont les questions à résoudre avant d'être bloqué.
Que fait un rançongiciel ?
Un rançongiciel, aussi appelé ransomware, peut bloquer un appareil ou rendre ses fichiers illisibles par chiffrement, puis exiger une rançon. Des données peuvent également être copiées et leur divulgation utilisée comme menace. La définition officielle du rançongiciel explique ces mécanismes.
L'infection peut suivre un message piégé ou une intrusion, notamment par une faille ou un accès distant insuffisamment protégé. Ce n'est donc pas uniquement une question de prudence avec les pièces jointes.
Dans une petite entreprise, pensez aux conséquences métier : quelle commande faudrait-il reprendre ? Comment retrouver les coordonnées d'un client ? Qui saurait remettre le logiciel de facturation en service ? Ces questions aident à préparer votre organisation sans vous demander de devenir spécialiste informatique.
Une opticienne : les sauvegardes étaient sur l’ordinateur attaqué
Une cliente opticienne a été victime d’un rançongiciel. Son logiciel métier effectuait bien des sauvegardes, mais celles-ci étaient enregistrées sur le même ordinateur. Elles ont donc été chiffrées avec les autres fichiers et sont devenues illisibles.
Il a fallu envoyer son disque dur dans un laboratoire spécialisé pour récupérer une copie des fichiers antérieure à l’attaque. Cette démarche était très coûteuse et prenait aussi du temps. Pendant une semaine, elle n’avait plus d’informatique : impossible d’accéder aux dossiers clients, de retrouver le lien entre les verres de lunettes et le patient, de facturer ou de lire une carte Vitale.
Ce cas rappelle pourquoi il faut vérifier où sont conservées les sauvegardes, en plus de leur existence.
À Berck : les données étaient sauvegardées, mais la restauration a duré une semaine
À Berck, un client dans l’immobilier a lui aussi été victime d’un rançongiciel. Le virus s’était propagé sur le réseau et avait touché ses quatre ordinateurs. Il avait eu le bon réflexe de mettre en place une sauvegarde en ligne. Nous avons pu réinstaller les quatre postes et récupérer toutes ses données.
La difficulté est venue du service de sauvegarde choisi : peu coûteux, il ne précisait pas que la restauration se faisait à vitesse limitée. Il a fallu une semaine complète pour télécharger l’ensemble des données.
Une sauvegarde doit aussi permettre de reprendre le travail dans un délai acceptable. Avant de choisir une solution, demandez comment se déroule une restauration et quels délais vous pouvez attendre avec votre volume de données.
Un cas réel : un disque de sauvegarde ne suffit pas
Lors d'une intervention réelle chez un artisan à Wailly-Beaucamp, des données ont été perdues après la réinitialisation d'un ordinateur professionnel. Ce n'était pas une attaque par rançongiciel. Le disque externe disponible contenait des sauvegardes trop anciennes, et les tentatives de récupération n'ont pas permis de retrouver des données utilisables.
L'artisan a dû reconstituer son fichier client, ses devis et ses factures à partir des documents encore disponibles. Cette intervention montre un point très concret : la présence d'un disque ne dit rien de la date et du contenu des copies.
Pour votre entreprise, faites donc préciser ce que contient la sauvegarde. Un dossier de documents et un logiciel métier n'ont pas forcément les mêmes besoins pour être remis en service.
Cinq mesures à mettre en place
1. Préparer des sauvegardes que l'on sait restaurer
La fiche officielle destinée aux organisations recommande des sauvegardes régulières, des copies déconnectées et des essais de restauration. Elle recommande aussi les mises à jour, la protection des accès et la sensibilisation.
Commencez par demander une démonstration simple : retrouver une copie d'un document et l'ouvrir dans un emplacement de test. Pour un logiciel métier, demandez ce qu'il faut conserver pour le remettre en service. Notez la réponse et la personne capable de vous aider.
Décidez ensuite quelle quantité de travail vous pourriez accepter de refaire. Cette réponse servira à définir la fréquence des copies avec votre prestataire. Consultez l'article sur les solutions de sauvegarde pour une petite entreprise pour préparer ce choix.
2. Organiser le suivi des mises à jour
Listez les appareils et logiciels indispensables : poste du bureau, portable, téléphone professionnel, équipements réseau et outils métier. Désignez la personne chargée de leur suivi. Dans votre agenda, prévoyez un moment pour vérifier les opérations et les éventuelles erreurs.
3. Protéger les comptes et les accès distants
Utilisez des mots de passe distincts et activez la double authentification quand elle est disponible. Faites examiner les accès à distance, y compris ceux utilisés par les prestataires. Demandez lesquels sont nécessaires et qui en est responsable.
4. Limiter les droits au nécessaire
Faites vérifier les droits des comptes utilisés au quotidien. Un salarié qui consulte des commandes n'a pas forcément besoin des mêmes possibilités que la personne chargée d'administrer les outils. Les réglages doivent suivre les tâches réelles de chacun.
Préparez le point en décrivant les usages : qui crée les dossiers, qui les modifie, qui installe les logiciels ? Évitez de modifier des autorisations au hasard. Demandez un essai avec les personnes concernées pour confirmer qu'elles peuvent encore travailler normalement.
5. Donner un repère face à un message inhabituel
Décidez à qui montrer une pièce jointe inattendue ou un message qui demande une action urgente. Un collègue doit pouvoir dire « j'ai un doute » sans craindre une remarque. Vérifiez une demande inhabituelle auprès de l'expéditeur à un contact connu.
Fichiers chiffrés : que faire immédiatement ?
Alertez votre prestataire et isolez les équipements touchés du réseau. La fiche officielle conseille de couper la connexion Internet du réseau attaqué, de déconnecter les machines et les sauvegardes concernées, et de ne pas rallumer les postes éteints.
Ne payez pas la rançon. Ne lancez pas de nettoyage, de réinstallation ou de restauration improvisée : préservez les traces et les preuves. Organisez avec le professionnel les démarches nécessaires, notamment le dépôt de plainte.
La consigne concernant l'extinction est nuancée : garder une machine allumée permet de préserver des preuves en mémoire ; si le chiffrement continue, une extinction conservatoire peut être envisagée, en privilégiant la mise en veille prolongée. Faites appliquer cette décision avec votre prestataire selon l'état de l'attaque, en suivant la fiche officielle.
Préparer le retour au travail
Écrivez, à froid, vos premières priorités : prévenir l'équipe, retrouver les rendez-vous, savoir quelles commandes sont en cours. Gardez les coordonnées du prestataire accessibles autrement que sur le poste principal. Demandez comment la reprise sera validée avant de reconnecter les outils.
Un accompagnement en sauvegarde permet de préparer cette reprise ; la sécurité informatique aide à réduire le risque et à organiser les accès.
Faites-vous aider
Je peux faire avec vous un point sur vos données indispensables, vos sauvegardes et vos accès. Nous pouvons commencer par un échange sans engagement pour définir les premières actions adaptées à votre atelier ou à votre bureau.
J'accompagne les petites entreprises de la Côte d'Opale Sud, des 7 Vallées et de la Baie de Somme. Appelez-moi au 06 74 39 93 45 ou passez par le formulaire de contact.